Textes

Cōnectere, Chloé Macary (juillet 2021)

La vie s’écoule en nappe, s’enfuit. Bientôt le sang se mêlera à la terre, à la paille, au béton, subissant plusieurs changements d’état et transformations. Arrêt sur images de cette hémorragie dont les souvenirs défilent dans l’esprit de Nelson depuis son plus jeune âge, alors qu’il passait ses vacances au nord du Portugal dans des villages où les scènes d’abattage rural étaient familières. Sans faiblir, il manipule donc l’hémoglobine et la confronte aux encres aquarelles et de Chine, au brou de noix, au sel... dans son atelier-labo, testant la compatibilité des matériaux par techniques d’imbibition, d’imprégnation ou de saturation.

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Bloodline, Entretien ave John Cornu (novembre 2019 - mars 2020)

Cet entretien a débuté le 8 novembre 2019 à l’occasion du séminaire « Contacts » organisé à l’auditorium du Frac Bretagne à Rennes et a été finalisé par email en mars 2020.

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Probatio Diabolica, Hélène Travert (mai 2019)

La vue du sang est souvent de mauvais augure. Elle crée des sueurs froides, bouscule le cœur. Pourtant, ce liquide organique rouge est une prérogative au vivant. Il entretient la vie. L’artiste Nelson Aires nous présente du sang. Frontalement. Le malaise s’installe une fois le matériau révélé. Un geste de recul s’impose. Une prise de conscience. Le sang est un appel au corps, mais détaché de son être. Il n’est pas question pour Nelson Aires de créer des allégories de vanités, mais d’exposer un constat simple, implacable : nous sommes faits de chair, d’os et de sang. Il n’y a ni représentation, ni morale, ni subterfuge. Le spectateur est amené à se projeter dans les œuvres de Nelson Aires, miroirs et témoins d’un reste. Fatalités. L’on contemple et appréhende son vivant, sa nature - morte.

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Une physiologie de l'art, Claire Lahuerta (octobre 2010)

La pratique artistique de Nelson Aires consiste à créer des « mondes » corporels, des espaces inattendus, une sorte d’angle mort du vivant. Concentré sur les lieux et les techniques d’abattage, le travail présenté ici est d’une certaine manière narratif, tant il évoque les entrailles, métonymiquement, de son auteur. Traces, histoire, genèse, tramage, enracinements, chaque élément du vocabulaire plastique de Nelson Aires fait écho à sa dimension proprement généalogique, des récits de vie au miroir de filiations multiples.

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VIP, Emma-Charlotte Gobry-Laurencin (juin 2010)

Le projet VIP (for Very Important Pig) se compose d’une série de pièces proposant un détournement des matériaux et des outils -archaïques ou actuels- utilisés lors de l’abattage, comme des merlins, des bancs, des masques, des esses, des couteaux, etc.  L'idée est de témoigner de la réalité de la création de la substance carnée, tout en rendant le regard possible sur celle-ci, à travers un acte de déterritorialisation de ces armes.

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BLOODLINE, Communiqué de presse de l'exposition (septembre 2019)

[...] Les réalisations de Nelson Aires sont donc plus symboliques que figuratives, mais l’ensemble de ces créations met toutefois en avant un rapport à la carte, au territoire, à la stratification et au réseau. Se pose alors la question de la lecture de ces œuvres, ainsi que des formes ou des motifs qui les constituent : microcosme ou macrocosme ? Monde minéral, végétal ou charnel ? Terre, roche, peau, chair, veine ou racine ? Cartographie, radiographie, échographie, hémogramme ou relevé topographique ?

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BLOODLINE, Communiqué de presse de l'exposition (décembre 2017)

Pour cette exposition, Nelson AIRES propose différentes installations, qui matérialisent des espaces impossibles, articulés autour de surfaces et de matérialités souvent abstraites, évoquant aussi bien la terre et la roche, que la chair. Ces espaces, qui se partagent donc entre territoires, environnements topographiques, paysages et cartes, d'un côté, et entre échographies corporelles, tissus charnels et compositions viscérales, de l'autre, découlent d'une volonté de donner à voir autrement une réalité effective. Ils exploitent une vision hybride, formée à partir de données historiques, anthropologiques, biologiques, géologiques, matériologiques et symboliques.

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SLAUGHTERHOUSE, communiqué de presse de l'exposition (janvier 2009)

Du 6 janvier au 17 janvier 2009, la galerie des Beaux-Arts présente Slaughterhouse, la première exposition personnelle de Nelson Aires, jeune artiste d'origine portugaise. Ce dernier s’intéresse aux interstices, qu’ils soient spatiaux, corporels ou temporels, et les interroge à partir d’un lieu, l’abattoir, et de son activité, l’abattage. Rétrospective ainsi que prospective, Slaughterhousepropose, au travers de différentes images, pièces sculpturales, ready-made détournés, documents témoins et objets collectionnés, une narration morcelée de différentes scènes de crimes où le corps victime est absent.

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